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Une confidence de Maigret

roman avec Maigret

Présentation

Amené à interroger Adrien Josset, soupçonné du meurtre de sa femme Christine, Maigret est frappé par l'extrême souci d'exactitude dont témoigne le suspect. Pharmacien de condition modeste et faible de caractère, Josset est arrivé, grâce à la fortune de son épouse, à occuper un poste directorial important. Depuis quelques années, l'amour passionné que se vouaient les deux époux n'est plus qu'une certaine complicité ; Josset a d'ailleurs une maîtresse : sa secrétaire, la jeune Annette Duché. Le soir du crime, les deux amants ont été surpris par le père d'Annette, venu de Fontenay-le-Comte ; par lâcheté, Josset a promis au père d'épouser Annette. Troublé par cet engagement, il a traîné de bar en bar avant de rentrer chez lui où il a trouvé, dit-il, sa femme assassinée. Certain d'être accusé du meurtre, il a pris peur et a attendu plusieurs heures avant d'avertir la police. Quoique tout plaide logiquement contre Josset, Maigret ne peut se faire une opinion au terme de l'interrogatoire, mais il a tendance à croire Josset innocent. La presse à sensation s'empare de l'affaire et dresse l'opinion publique contre Josset. L'annonce du suicide du père d'Annette, « honnête homme déshonoré », et de l'avortement subi par Annette quelques mois auparavant ne fait qu'accroître le climat de haine dont le suspect est entouré. Les lettres anonymes se multiplient, tandis que Lenain, « avocat des causes désespérées », spécialisé dans les procès retentissants, tente de prouver que d'autres individus sont susceptibles d'avoir tué Christine, par exemple ses « protégés », c'est-à-dire les jeunes gens dont elle s'entourait et qu'elle entretenait par besoin de domination. Parmi ces derniers, Maigret recherche en vain un certain Popaul. Josset est jugé ; sa culpabilité paraît évidente, de sorte que l'affaire est réglée rapidement ; Maigret assiste impuissant au procès et entend prononcer la peine de mort. Deux ans plus tard, un mauvais garçon qui s'occupe de traite des blanches apprend au commissaire qu'au Venezuela, un soir d'ivresse, un dénommé Popaul s'est vanté d'avoir assassiné Christine Josset. Mais tout cela est bien vague. D'ailleurs, Popaul existe-t-il vraiment ?

Les premières lignes…

La bonne venait de poser le gâteau de riz au milieu de la table ronde et Maigret était obligé de faire un effort pour prendre un air à la fois surpris et béat, tandis que Mme Pardon, rougissante, lui lançait un coup d'œil malicieux. C'était le quatrième gâteau de riz, depuis quatre ans que les Maigret avaient pris l'habitude de dîner une fois par mois chez les Pardon et que ceux-ci, la quinzaine suivante, venaient boulevard Richard-Lenoir, où Mme Maigret, à son tour, mettait les petits plats dans les grands.