Tout Simenon

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Oncle Charles s'est enfermé

roman

Présentation

Ce soir-là, quand Charles est rentré du bureau, il s'est enfermé au grenier, avec des provisions. Malgré la surprise, la vie de la famille n'en a pas moins poursuivi son cours, avec Laurence, l'épouse ménagère indolente et molle, et les trois filles, préoccupées surtout de leurs sorties. Après plusieurs jours pendant lesquels on cherche en vain à faire sortir Charles de sa réclusion, Henri Dionnet, son beau-frère, propriétaire d'une fabrique de conserves, chez qui Charles est occupé comme comptable, est venu, lui aussi, pour le raisonner. Le lendemain, Charles reprend son travail et Henri fait une crise cardiaque. Charles, petit employé minable, se sent maintenant le plus fort. C'est qu'il a compris l'origine de la prospérité de son beau-frère depuis qu'il a découvert les lettres que Sylvie, une entremetteuse de haut luxe, avait envoyées à Henri pour lui réclamer 50000 francs en paiement d'un « service » rendu. Car Henri s'était débarrassé de Bonduel, son associé malade, en l'attirant chez Sylvie où ses excès l'avaient perdu et conduit à la mort... Or Henri, lorsqu'il s'est rendu chez son beau-frère enfermé, a eu la preuve que celui-ci était au courant. Terrassé par sa crise et follement inquiet de ce qui pourrait arriver, il supplie Charles de porter la somme en question à Paris en échange du silence de Sylvie ; il lui propose même de sortir du coffre une somme à sa convenance. Charles exécutera la mission, mais ne touchera pas à l'argent : il n'en a plus besoin. Une obligation dérobée à Henri vient de sortir au tirage et lui rapporte 500000 francs. Voilà pourquoi il s'était enfermé : il avait besoin de réfléchir... Se sachant riche sans que personne s'en doute, Charles a retrouvé sa modeste place au bureau où tout est comme avant. Que Camille se marie, que Lulu se suicide, que Mauricette s'en aille, il savoure, quant à lui, la joie d'épier en silence son beau-frère pour le faire « crever de peur, à petit feu »...