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Maigret hésite

roman avec Maigret

Présentation

Une lettre anonyme avertit Maigret qu'un crime sera commis prochainement ; une recherche rapide conduit la police à la certitude que le papier provient du domicile de l'avocat Parendon. Ce dernier autorise le commissaire à enquêter dans son appartement spacieux et luxueux. Durant deux jours, Maigret interroge et observe. L'avocat lui-même, petit et laid, est prodigieusement intelligent et imbattable dans sa spécialisation ; il ne cache pas sa passion pour la question de la responsabilité des criminels à laquelle il consacre ses loisirs. Beaucoup plus mondaine, son épouse voit en lui un homme conscient de sa disgrâce physique, renfermé en lui-même, incapable de vivre avec autrui ; elle pense qu'il a perdu le contact avec la réalité et que son cas relève de la psychiatrie ; elle n'a plus de relations physiques avec lui depuis qu'elle l'a surpris, un an auparavant, dans les bras de sa secrétaire. Cette dernière, intelligente, pondérée et équilibrée, est très satisfaite de travailler pour Parendon, envers qui elle éprouve une certaine affection. Les entretiens de Maigret avec les autres collaborateurs du juriste et avec les domestiques confirment son impression : les époux Parendon sont très mal assortis et le conflit latent qui les oppose entraîne un malaise parmi leurs proches. Ce malaise se transforme en peur lorsque Maigret annonce qu'il a reçu deux autres lettres anonymes l'avertissant de l'imminence du meurtre. Celui-ci a lieu le troisième jour : la secrétaire est retrouvée égorgée dans son bureau ; Maigret en ressent une émotion d'autant plus vive qu'il éprouvait pour elle beaucoup de sympathie et qu'il n'a pu empêcher le drame. Il fait vérifier les allées et venues de chacun et interroge les deux enfants qu'il n'avait pas rencontrés précédemment ; étudiants tous deux, intelligents et sensibles, ils éprouvent une grande admiration pour leur père ; eux aussi ressentent profondément la faille qui s'est établie entre leurs parents et le fils avoue qu'il a écrit les lettres anonymes, pressentant un drame. L'assassin est identifié grâce à un témoin qui a observé ce qui se passait depuis une maison proche ; l'épouse a tué la secrétaire. Maigret tente d'expliquer ce geste par une substitution : en éliminant la secrétaire, Madame Parendon atteignait son mari plus qu'en le tuant lui-même ; le commissaire pense aussi qu'elle avait projeté sur son mari ses propres troubles, par transfert. Mais est-elle vraiment coupable ? La discussion de Maigret avec Parendon sur la responsabilité du criminel et l'article 64 du Code pénal, lui revient à l'esprit...

Les premières lignes…

"- Salut, Janvier. - Bonjour, patron. - Bonjour, Lucas. Bonjour, Lapointe... En arrivant à celui-ci, Maigret ne pouvait s'empêcher de sourire. Pas seulement parce que le jeune Lapointe arborait un complet neuf, très ajusté, d'un gris pâle moucheté de minces fils rouges. Tout le monde souriait, ce matin-là, dans les rues, dans l'autobus, dans les boutiques.