Tout Simenon

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Maigret et le voleur paresseux

roman avec Maigret

Présentation

Une nuit, un homme est découvert, le crâne défoncé, au Bois de Boulogne. Le Parquet trouve sur les lieux Maigret que l'inspecteur Fumel, du XVIe arrondissement, a cru bon d'appeler, mais ces messieurs laissent entendre au commissaire qu'il a d'autres tâches à accomplir en un temps où les hold-up se multiplient. Vexé mais non découragé, Maigret, qui a cru reconnaître la victime, se fait confirmer par les fiches de l'Identité judiciaire qu'il s'agit d'Honoré Cuendet, un ancien de la Légion étrangère, déjà condamné pour vols ; sa mère habite rue Mouffetard. Intrigué, Maigret va questionner la vieille. Elle ne voyait son fils que de loin en loin et ignore sa fin tragique ; il subvenait à ses besoins. Par des recoupements divers, Maigret va s'intéresser à la personnalité de ce Cuendet, un voleur pas comme les autres, circonspect, peu remuant et qui avait pour technique de ne s'introduire que dans des maisons riches, lorsque les occupants s'y trouvaient... L'affaire du Bois de Boulogne vient à peine de démarrer qu'un hold-up commis en plein jour dans la rue La Fayette met en branle Maigret et ses limiers. Un des gangsters a été abattu, ses deux complices, qui ont fui avec le produit du vol, sont recherchés activement. L'un d'eux, par l'identification du mort, est repéré et, grâce à une enquête serrée où les souvenirs de Maigret le servent presque autant que son flair, on remonte au cerveau de la bande, en la personne de Fernand, « un ancien » sorti de prison, qui s'est réfugié dans une villa de Corbeil. Un réseau de filatures se terminera par un coup de filet magistralement synchronisé. Cependant Maigret ne s'est pas détourné de l'affaire du Bois de Boulogne. Les recherches de Fumel ont permis de retrouver la chambre d'hôtel où Cuendet a vécu les cinq dernières semaines : c'est de là, selon les dires d'une voisine de palier, qu'il a surveillé les allées et venues d'un immeuble cossu du Marais. Or, le propriétaire de cet hôtel particulier, Stuart Wilton, y a installé sa troisième épouse dont il a divorcé et qui est devenue la maîtresse de son fils. C'est là qu'une nuit Cuendet a pénétré et a été surpris par le fils Wilton : on l'a assommé avec un objet lourd. Pas question d'appeler la police, sans que Stuart Wilton ne soit mis fâcheusement au courant. Alors – et l'enquête l'avait déjà établi – le corps du voleur tué a été transporté. Sur ses vêtements, quelques poils de chat sauvage ont été retrouvés. Et, justement, le fils Wilton, dans sa voiture de grand sport, avait une couverture en chat sauvage, très remarquée et qui a disparu... Mais le juge d'instruction reste sceptique. Maigret l'avait prévu ; et d'ailleurs, il s'en fout.

Les premières lignes…

Il y eut un vacarme pas loin de sa tête et Maigret se mit à remuer, maussade, comme effrayé, un de ses bras battant l'air en dehors des draps. Il avait conscience d'être dans son lit, conscience aussi de la présence de sa femme qui, mieux éveillée que lui, attendait dans l'obscurité sans rien oser dire. Sur quoi il se trompait – pendant quelques secondes tout au moins – c'était sur la nature de ce bruit insistant, agressif, impérieux. Et c'était toujours en hiver, par temps très froid, qu'il se trompait de la sorte.