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Maigret et le client du samedi

roman avec Maigret

Présentation

Léonard Planchon est un homme médiocre et faible, disgracié de surcroît (il a un bec-de-lièvre), qui a repris, à la mort de son patron, une petite entreprise de peinture assez prospère. Plusieurs samedis consécutifs, on l'a vu à la P.J. faisant antichambre pour parler au commissaire Maigret, mais repartant toujours avant d'être reçu. Ce « client du samedi », comme on l'appelle au quai des Orfèvres, se présente – un samedi également – à l'appartement du commissaire ; il connaît par les journaux sa compréhension et veut s'ouvrir à lui d'une idée qui l'obsède : tuer sa femme et son amant, Roger Prou, un bel homme, avantageux et costaud, qui travaille chez Planchon où, peu à peu, il prend la place du patron. Celui-ci, qui se sent devenir étranger dans sa propre maison, la déserte pour s'attarder dans les bistrots. Comme il n'est pas résigné à perdre son entreprise et sa petite fille Isabelle, il n'a trouvé d'autre issue que celle qu'il révèle à Maigret. Dès le lendemain, Maigret s'informe de ce qui se passe rue Tholozé, là où est établi Planchon. Ce dernier, qui a promis à Maigret de lui passer un coup de fil chaque jour, ne donne plus signe de vie après le lundi. Ce qui amène le commissaire à interroger Renée Planchon qui lui apprend que, deux semaines plus tôt, Planchon aurait cédé son affaire à Prou pour 30 000 nouveaux francs, s'engageant en retour à quitter les lieux et à accepter le divorce. C'est le surlendemain de sa visite chez Maigret que Planchon, toujours d'après ce que raconte sa femme, serait parti en emportant deux valises. Où est Planchon ? Personne ne le sait. Mais on retrouve, lors d'une perquisition que Maigret a obtenue, les 30000 francs dissimulés sous le plancher de la chambre d'Isabelle ; ce qui embarrasse les deux amants qui, dès lors, commencent à s'opposer. Et une semaine plus tard, c'est le corps de Planchon que l'on retrouve, dans les eaux de la Seine, avec plusieurs coups portés à la tête. Maigret n'a plus à s'occuper de l'affaire. Celle-ci viendra aux Assises l'été suivant. On apprendra alors que l'acte de cession était un faux au bas duquel la signature de Planchon avait été imitée. Les deux amants se défendent chacun pour son compte avec l'un pour l'autre un visible sentiment de haine. La déposition de Maigret, révélant les intentions homicides de Planchon, vaudra aux accusés les circonstances atténuantes : vingt ans pour Roger Prou, huit ans pour Renée Planchon.

Les premières lignes…

Certaines images, sans raison, sans que nous y soyons pour rien, se raccrochent à nous, restent obstinément dans notre souvenir alors que nous sommes à peine conscient de les avoir enregistrées et qu'elles ne correspondent à rien d'important. Ainsi, sans doute, Maigret, des années plus tard, pourrait-il reconstituer minute par minute, geste par geste, cette fin d'après-midi sans histoire du Quai des Orfèvres.