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Lettre à mon juge

roman

Présentation

S'adressant à son juge, Charles Alavoine fait retour à son enfance en Vendée. Le père fermier, alcoolique et qui se suicide ayant dilapidé son bien. La mère, trop digne, tenace et possessive, qui prend en main l'existence de son fils, en fait un médecin, l'installe, le marie. Veuf et père de deux fillettes, Charles décide de s'établir à La Roche-sur-Yon où il rencontre Armande, qu'il épouse. Armande, femme distinguée de la petite ville et avide de dominer, « s'empare » de Charles, de sa maison et supplante l'autorité de la mère. La vie de la famille est ordonnée, harmonieuse, mais Alavoine se sent un « homme sans ombre ». Lors d'un voyage à Caen, Charles fait la connaissance d'une jeune femme, Martine Englebert. Originaire de Liège, elle débarque de Paris où elle a mené une vie fort libre et vient occuper à La Roche un emploi de secrétaire. Entre elle et Charles, c'est d'emblée une passion violente, comme irrésistible. Le docteur engage à son service et introduit chez lui cette « petite fille » sans charme, déjà blessée, au passé tourmenté. Pour elle, Alavoine quitte les siens et vient exercer dans un quartier populaire de Paris. Mais Charles souffre parce qu'il a besoin de s'approprier Martine et qu'il est atrocement jaloux de son passé. Jaloux au point de le reconstituer dans tous les détails, jaloux au point de brutaliser la jeune femme quand ce passé refait surface. Un dimanche, cette rage d'en finir avec « l'autre Martine » devient meurtrière : Alavoine étrangle celle qu'il aime. Ayant achevé sa confession, le héros se suicidera par empoisonnement, à l'infirmerie de la prison.

Les premières lignes…

Mon juge, Je voudrais qu’un homme, un seul, me comprenne. Et je voudrais que cet homme soit vous. Nous avons passé de longues heures ensemble, pendant les semaines de l’instruction. Mais alors il était trop tôt. Vous étiez un juge, vous étiez mon juge, et j’aurais eu l’air d’essayer de me justifier. Vous savez à présent que ce n’est pas de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas?