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Les vacances de Maigret

roman avec Maigret

Présentation

A peine arrivée en vacances aux Sables-d'Olonne en compagnie de son mari, Madame Maigret a eu une crise d'appendicite et a été opérée d'urgence. A la clinique, où le commissaire rend ponctuellement visite à son épouse, une religieuse infirmière glisse dans la poche de Maigret un billet contenant ces mots : « Par pitié, demandez à voir la malade du 15 ». Le lendemain, Hélène Godreau, la jeune fille de la chambre 15, meurt d'une fracture du crâne. Son beau-frère, le docteur Philippe Bellamy, un homme froid et sûr de lui, fait partie des joueurs de bridge que Maigret rencontre chaque après-midi dans un café de la ville ; c'est aussi lui qui conduisait la voiture de laquelle sa belle-sœur est tombée deux jours plus tôt : cette mort n'est-elle qu'un simple accident ? Pour occuper ses loisirs forcés et pour satisfaire sa curiosité, Maigret s'intéresse au médecin, dont chacun sait, aux Sables-d'Olonne, combien il est jaloux de sa femme, Odette. Reçu chez le docteur, Maigret rencontre dans l'escalier une gamine qui s'enfuit lorsqu'elle voit Bellamy : c'est Lucile Duffieux qui sera assassinée la nuit suivante. Le frère de Lucile, Emile, a quitté la maison familiale quelques jours auparavant pour partir à Paris, où il n'est jamais arrivé, comme Maigret en est bientôt informé. Dès lors, le commissaire, en se renseignant sur Odette et sur Emile, apprend qu'ils s'aimaient et qu'ils s'étaient arrangés pour aller vivre ensemble à Paris. Bellamy avait découvert les relations entre sa femme et Emile : il a d'abord éliminé son rival, puis la jeune sœur d'Emile, messagère des deux amants. Quant à Hélène, amoureuse de son beau-frère, elle s'est suicidée quand elle a eu deviné le premier meurtre de Bellamy. Le docteur avoue sans résistance à Maigret les détails et les mobiles profonds de ses crimes commis sous l'influence d'une jalousie qu'il ne pouvait réprimer.

Les premières lignes…

La rue était étroite, comme toutes les rues du vieux quartier des Sablesd'Olonne, avec des pavés inégaux, des trottoirs dont il fallait descendre chaque fois qu'on croisait un passant. La porte du coin était une magnifique porte à deux battants, d'un vert profond, somptueux, aux reflets parfaits, aux deux marteaux de cuivre bien astiqués, comme on n'en voit que chez les avoués de province ou dans les couvents.