Tout Simenon

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Les quatre jours du pauvre homme

roman

Présentation

1re partie : « Les deux jours de la rue Delambre ». – La mort de sa femme Germaine à l'hôpital laisse François Lecoin plus désemparé que jamais. Sans emploi, ayant surtout vécu d'expédients, à bout de ressources, il ne pourra subvenir aux frais de l'enterrement. La veille du décès, l'arrivée soudaine de son frère Raoul, retour des colonies, dans le modeste appartement qu'il occupe avec son jeune fils Bob, rue Delambre, a ravivé chez lui de pénibles souvenirs de famille et le sentiment d'une déchéance d'autant plus amère qu'elle contraste avec la réussite de l'aîné, Marcel : celui-ci a fait un mariage d'intérêt et poursuit une brillante carrière qui, du barreau, le conduit à la politique. Profitant de la mort de Germaine, François entreprend une démarche auprès de sa belle-sœur Renée, juste au moment où elle s'apprête à rejoindre les siens à Deauville et, payant d'audace, il lui annonce qu'il est sur le point d'entrer comme rédacteur d'une feuille électorale au service d'un riche commerçant ambitieux, Gianini, qui s'annonce comme le plus sérieux rival de Marcel dans sa circonscription. Renée a compris : un chèque important mettra fin aux humiliations de François Lecoin et de son fils. 2e partie : « Les deux jours des Champs-Elysées ». – Trois années ont passé. Devenu directeur-propriétaire de La Cravache, François Lecoin tire profit sans scrupule des collusions politico-financières qu'il dénonce et des turpitudes de la vie privée de personnalités en vue qu'il révèle ou menace de révéler. Une équipe de collaborateurs l'assiste, s'efforçant de déjouer les manœuvres qui, peu à peu, sont en train de s'ourdir contre son exploitation de scandales. Pendant ce temps, Bob achève, au Collège Stanislas, l'année d'un élève modèle. Traqué par la P.J. que les plus hautes autorités ont finalement alertée, Lecoin se sent compromis et perdu. N'osant regagner le domicile de sa maîtresse, il rejoint l'appartement qu'il a conservé rue Delambre. Il y trouve son fils qui vient de se pendre ; à côté, une lettre non décachetée où le directeur de Stanislas signifie au père de Bob que celui-ci ne pourra y continuer ses études. François Lecoin ira dès lors se livrer à la justice.

Les premières lignes…

Son regard errant quelque part sur le blanc des murs et du plafond, elle questionnait d'une voix sans accent, comme un récitatif : - M. Maghin est toujours content de ton travail ? Il ne s'y attendait pas. Plus exactement la voix mettait un certain temps à l'atteindre, parce qu'il était déjà dans son brouillard. Cependant, tant qu'il était près d'elle, à l'hôpital, il restait sur ses gardes. Juste un instant de flottement, un froncement imperceptible des sourcils, et il avait reconnu un de ses pièges. - M. Maghin n'a pas pu me dire s'il est content ou non, puisqu'il n'est pas à Paris.