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Le passager clandestin

roman

Présentation

Venant de Panama, le major Owen se rend à Papeete à bord de l' « Aramis ». En cours de voyage, s'apercevant qu'un passager clandestin se cache dans une barque, il lui vient en aide et le ravitaille. On apprendra par la suite qu'il s'agit d'une jeune femme, Lotte, embarquée pour Tahiti dans le même but qu'Owen : retrouver le fils naturel d'un certain Joe Hill, magnat récemment décédé de l'industrie cinématographique, faire savoir à ce fils qu'il hérite de la fortune de son père et le ramener en Europe, avec l'espoir de tirer un bénéfice substantiel de cette opération. Ils ont été, l'un et l'autre, informés par le journal de la recherche de l'héritier. Lotte a été, à Panama, la maîtresse de ce fils, René Maréchal, qui l'a quittée pour se rendre à Tahiti. Le major intervient comme ancienne connaissance de Hill. Lorsqu'ils débarquent à Tahiti, c'est pour apprendre que Maréchal est en voyage dans les îles et qu'il faut attendre son retour. Cependant, les événements se succèdent. Un jeune télégraphiste qui a favorisé le débarquement de Lotte se suicide par amour. Un autre passager embarqué à Panama, Mougins, mauvais garçon en fuite, prend Lotte en charge et, devinant les intentions d'Owen, décide d'atteindre Maréchal avant lui. Owen, qui est invité dans les deux clubs de la ville, suscite une méfiance croissante, d'autant plus qu'il rafle une grosse somme aux cartes. Peu après, le major apprend que Maréchal s'est refait une vie à Papeete et qu'il vient d'épouser une jeune indigène, fille d'un pasteur. Il se rend alors chez le beau-père du jeune homme et, déjouant les plans de Mougins, obtient de pouvoir télégraphier en Europe qu'il a retrouvé l'héritier. Mais il n'est pas sûr que Maréchal, qui renonce à l'Europe, acceptera l'héritage. Owen, lui, s'installera à Papeete pour s'y « encanaquer ».

Les premières lignes…

Un bateau italien qui venait de San Francisco était accosté au port, devant les bâtiments de la douane. De ce côté-là, on avait allumé toutes les lampes, d'énormes ampoules électriques à la lumière blanche et crue qui pendaient à des fils un peu partout, de sorte que de loin cela donnait l'impression d'un plateau de cinéma, avec des ombre s'agitant en tous sens, les coups de sifflet commandant le vacarme métallique des grues et des palans, les couleurs mangées par les projecteurs, le vert et le rouge du pavillon, par exemple, tout pâles, tranchant à peine sur le blanc.