Tout Simenon

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Le Grand Bob

roman

Présentation

Lulu Dandurand avertit le docteur Charles Coindreau de la noyade de son mari, le Grand Bob. Cette mort, apparemment accidentelle, est en réalité un suicide. Charles cherche dans le passé et la vie privée de son ami, véritable boute-en-train toujours gai et moqueur, des éléments qui puissent élucider ce mystère. Issu d'une famille honorable, Bob avait fréquenté la faculté de droit, d'abord à Poitiers, où son père enseignait, puis à Paris. C'est en 1930 qu'il rencontre Lulu, jeune femme légère mais bon cœur ; il lui fait part de sa décision : abandonner ses études (bien qu'il soit à la veille de les achever) et rompre ainsi avec sa famille. Bob et Lulu, après avoir vécu ensemble, se marient quelques années plus tard et s'installent à Paris où Lulu, chapelière, et Bob, très instable, vivent modestement. Lors d'un week-end à l'Auberge du Beau-Dimanche de Tilly, Lulu fait une de ses nombreuses fausses couches. Charles Coindreau la soigne et devient l'ami du couple. Bob, qui ne déteste pas le petit verre, souffre de fréquents maux d'estomac ; on ne lui connaît cependant aucun médecin. Mais voici qu'une voisine de Lulu lui apprend que Bob est le client d'un cancérologue, le docteur Gigoigne. Lors d'une entrevue avec ce spécialiste, la vérité éclate. Se sachant atteint d'un cancer au duodénum, Bob refuse l'opération possible, car il ne peut tolérer l'idée que Lulu devienne sa garde-malade. A Tilly donc, il feint de s'intéresser à la pêche au brochet, ce qui lui permet de partir seul à l'aube et de disparaître. La vie normale reprend pour Charles. Il perd de vue Lulu jusqu'au jour où il apprend son suicide : se laissant aller de plus en plus, elle voulait rejoindre Bob avant sa complète déchéance, avant de se sentir indigne de celui qui l'avait transformée.

Les premières lignes…

Je n'étais pas à Tilly ce dimanche-là, car profitant de ce que les enfants étaient chez leur grand-mère, nous avions accepté, ma femme et moi, une invitation à passer le week-end chez des amis qui possèdent une propriété en bordure de la forêt de Rambouillet. La journée avait été chaude et lourde, avec des menaces d'orage et même quelques grosses gouttes de pluie vers la fin de l'après-midi. Je ne m'en souviens pas particulièrement, mais j'ai dû parcourir le journal, chez moi, le lundi matin, et, si je n'ai pas lu l'information concernant Dandurand, c'est qu'elle ne comportait que trois ou quatre lignes à la rubrique des faits divers.