Tout Simenon

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La disparition d'Odile

roman

Présentation

Une lettre d'Odile Pointet à son frère Bob lui apprend qu'elle vient d'abandonner la maison familiale : elle a décidé de quitter Lausanne pour Paris. Ce n'est pas une fugue ; elle songe au suicide. Avec l'accord de son père, Bob se rend aussitôt à Paris, car il est fort inquiet. On sait qu'Odile est constamment mal dans sa peau ; après avoir tâté un peu de tout, elle a tout laissé. Depuis l'âge de 15 ans, elle a eu des aventures amoureuses qui ne lui ont rien apporté. Ce qui aggrave la situation, c'est qu'en partant, elle a emporté le revolver de son père et les somnifères de la pharmacie familiale. Odile a effectivement gagné Paris où son frère la recherche. Elle dort la plus grande partie du jour et sort le soir dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés ; elle y aura une aventure heureuse, mais sans lendemain. C'est alors qu'elle décide d'en finir, après avoir écrit à son frère une nouvelle lettre où elle se reproche d'être incapable d'établir le contact avec autrui. Puis, elle s'allonge dans sa baignoire et s'entaille le poignet. Quand elle reprend connaissance, son voisin de chambre, appelé par le cri qu'elle a poussé, est occupé à lui faire un garrot. Albert Galabar, qui est étudiant en médecine, va la soigner, s'occuper d'elle, ce qu'elle a toujours désiré. Odile s'étonne elle-même de sa tentative de suicide et reprend goût à la vie. Se doutant que son frère est accouru à Paris, elle finit par le joindre à l'hôtel de la rue Gay-Lussac où les Pointet ont coutume de descendre. Bob retrouve sa sœur avec la plus grande joie, rentre à Lausanne et annonce le retour imminent d'Odile, toujours soignée par Galabar. Mais, revenue à Lausanne, la jeune fille repartira pour Paris, car elle veut fuir une maison triste et sans âme, avec une mère qui ne lui témoigne qu'indifférence et un père enfermé parmi ses livres. Tandis qu'à Paris, où elle travaillera, elle aura sa vie à elle... Elle regagne donc sa petite chambre d'hôtel de la rue de la Harpe, retrouve son voisin l'étudiant, à qui elle confie le revolver paternel. Lui aussi a son travail. Mais plus tard, peut-être...

Les premières lignes…

Il n'était que neuf heures du matin et il faisait déjà chaud. Maigret, qui avait tombé la veste, dépouillait paresseusement son courrier en jetant parfois un coup d'œil par la fenêtre, et le feuillage des arbres du quai des Orfèvres n'avait pas un frémissement, la Seine était plate et lisse comme de la soie.