Tout Simenon

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La chambre bleue

roman

Présentation

Tony Falcone et Andrée Despierre, qui s'étaient perdus de vue depuis la fin de leur enfance, sont devenus amants un soir de septembre. Au cours des mois qui suivent, ils se retrouveront huit fois dans la « chambre bleue » à l'Hôtel des Voyageurs, tenu par le frère de Tony, à Triant, ville proche de Saint-Justin, où ils habitent l'un et l'autre. Le 2 août, il s'en faut de peu que le mari d'Andrée ne surprenne par hasard les amants. Tony prend peur : jamais plus, il n'ira retrouver sa maîtresse. Pour s'éloigner d'elle, il emmène sa femme et sa fille passer quinze jours aux Sables-d'Olonne. Mais Andrée, maîtresse passionnée, n'oublie pas les propos échangés lors de leur dernière rencontre. Prête à tout pour vivre avec Tony, elle attend la même chose de lui et le relance par lettres. Or, voici que dans la nuit du 31 octobre, Nicolas Despierre meurt. Comme il était de santé délicate et sujet à des crises d'épilepsie, le médecin délivre le permis d'inhumer. Tony reçoit de nouveaux billets d'Andrée, aussi brefs que pressants, et il a de plus en plus peur. Un matin de février, sa femme le prie de passer, avant d'aller voir sa clientèle, par l'épicerie Despierre ; il s'y rend, un peu malgré lui, et Andrée en profite pour lui remettre avec les autres emplettes le pot de confiture que Gisèle Falcone a commandé depuis plusieurs jours. Le soir, quand il rentre de sa tournée, sa femme est morte, empoisonnée. La police découvre de la strychnine dans la confiture et Tony est arrêté. On exhume alors le corps de Nicolas, et, de l'autopsie, il ressort que lui aussi a été empoisonné. Andrée Despierre et Tony Falcone ne seront pas séparés dans le procès ni dans le verdict : les travaux forcés. Andrée, pour le meurtre de son mari, et Tony, victime innocente de la malchance et d'un faux témoignage, pour la mort de sa femme.

Les premières lignes…

"- Je t'ai fait mal ? - Non. - Tu m'en veux ? - Non. C'était vrai. A ce moment-là, tout était vrai, puisqu'il vivait la scène à l'état brut, sans se poser de questions, sans essayer de comprendre, sans soupçonner qu'il y aurait un jour quelque chose à comprendre. Non seulement tout était vrai, mais tout était réel : lui la chambre, Andrée qui restait étendue sur le lit dévasté, nue, les cuisses écartées, avec la tache sombre du sexe d'où sourdait un filet de sperme.