Tout Simenon

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L'homme qui regardait passer les trains

roman

Présentation

Kees Popinga, honorable père de famille de la bourgeoisie de Groningue, est un homme sans histoire : les voyages, l'alcool, les femmes font pour lui partie de cette vague envie qu'on refoule en allumant un cigare ou en faisant une partie d'échecs. Tout se déclenche le soir où il rencontre son patron dans un estaminet. Julius de Coster lui confie que, le lendemain, sa société sera en faillite et lui-même poursuivi pour escroquerie ; c'est pourquoi il s'apprête à fuir en simulant un suicide. Pour Popinga, c'est la ruine, mais cette évidence l'affecte beaucoup moins que la commisération mêlée de cynisme que de Coster a eue pour le mettre au courant. A son réveil, Popinga, plein d'une assurance nouvelle qui ne le quittera plus, abandonne épouse et enfants pour aller à Amsterdam rejoindre Paméla, une danseuse, ancienne maîtresse de son patron. Comme Paméla se dérobe à ses avances en se moquant de lui, il l'étrangle. Puis, il saute dans un de ces trains qu'il regardait naguère avec « une drôle d'angoisse qui pouvait laisser croire à de la nostalgie ». Il arrive à Paris, se rend dans un cabaret et termine la nuit avec une fille de joie, Jeanne Rozier qui, le lendemain, ayant reconnu en lui le criminel d'Amsterdam qui est à la une de tous les journaux, s'emploie à le faire couvrir par le milieu. La couverture risquant de se transformer en piège, Popinga quitte le gang de Juvisy et revient à Paris. Il a envie de Jeanne qu'il n'avait pas touchée le premier soir et, comme elle se refuse, il la blesse légèrement. La police intensifie la chasse à l'homme, mais Popinga la déjoue. Aux journaux qui donnent de lui une image qu'il juge peu conforme à la réalité, il répond, en montrant qu'il n'est ni fou ni maniaque, en découvrant la personnalité cachée d'un homme qui entend rompre avec les conventions trompeuses (et qui le dit parfois avec ironie). Un hasard stupide précipitera sa perte : le vol de son portefeuille par un faux Américain de rencontre. Privé de toute ressource, il décide d'achever sa longue errance en se jetant sous un train. Suicide raté qui aboutira à son identification dans le bureau du commissaire Lucas. Enfermé dans son mutisme, Popinga est considéré comme fou. On le ramène à Groningue et on l'interne dans un asile : les pages du cahier qu'il a demandé pour y écrire sous un titre pompeux « La vérité sur le cas de Kees Popinga » resteront en blanc...