Tout Simenon

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L'enterrement de Monsieur Bouvet

roman

Présentation

Un matin du mois d'août, un petit bourgeois, M. Bouvet, meurt subitement, en feuilletant les images d'un bouquiniste des bords de la Seine, non loin de son appartement du quai de la Tournelle. On le croit sans famille. La scène ayant été photographiée par un étudiant américain, son portrait est diffusé par la presse. Une femme se présente et reconnaît le mort comme étant son mari, Samuel Marsh, sujet américain, dont elle a perdu la trace, il y a vingt ans, alors qu'il exploitait une mine d'or au Congo. La fille du défunt et son mari se présentent à leur tour au chevet du mort. Arrive une dépêche d'Anvers : l'ancien associé de Marsh au Congo, Joris Costermans, détient la preuve que l'identité de Marsh est également fausse. L'enquête dont est chargé l'inspecteur Beaupère permet de découvrir en la personne d'une Mme Lair la sœur du mort : celui-ci se nomme en réalité Gaston Lamblot, il est le fils d'une famille lainière de Roubaix qui, après un début d'études universitaires, a disparu mystérieusement. Au service de l'Identité judiciaire, une fiche de 1897 fait apparaître que Lamblot a été impliqué dans une affaire criminelle de règlement de comptes. L'inspecteur Beaupère, poursuivant ses recherches, retrouve une ancienne prostituée, Mme Blanche, qui a vécu avec Lamblot, lequel fréquentait les milieux anarchistes avant la première guerre mondiale. Au terme de ces contretemps qui ont retardé l'enterrement de M. Bouvet au grand désappointement de sa concierge qui en a réglé les préparatifs, survient un nouvel incident : l'arrestation, en face du domicile de M. Bouvet où il est venu rôder, d'un personnage que la concierge reconnaît et prend pour un « Boche » qui, sous l'occupation allemande, s'était présenté pour voir M. Bouvet, alors que celui-ci se cachait en zone libre. En réalité, il s'agit d'un agent de l'Intelligence Service, O'Brien, qui a entendu parler de l'agent Corsico, « l'espion le mieux payé de la guerre 1914-1918 », travaillant au service de l'Angleterre, en Espagne : ce n'est autre que M. Bouvet qu'O'Brien, le sachant recherché par la Gestapo, avait cru bon de prévenir, bien qu'il ne le connût pas. On peut enfin enterrer M. Bouvet, qui partira entouré de ceux qui l'ont retrouvé.

Les premières lignes…

L'arroseuse passa, avec le crissement de son balai tournant qui remuait l'eau sur l'asphalte, et c'était comme si on avait peint en sombre la moitié de la chaussée. Un gros chien jaune était monté sur une toute petite chienne blanche qui restait immobile. Le vieux monsieur portait un veston clair, presque blanc, comme les coloniaux, et avait un chapeau de paille sur la tête.