Tout Simenon

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Chemin sans issue

roman

Présentation

Vladimir et Blinis, deux Russes blancs unis par une longue amitié de misère qui remonte au temps de leur jeunesse et de la Révolution d'octobre 1917, sont tous deux au service de Jeanne Papelier, femme extravagante qui mène la grande vie sur la Côte d'Azur : ils sont plus particulièrement affectés à l'entretien de son yacht, « l'Elektra », qui ne quitte guère le port d'Antibes. Pourtant, quelque chose sépare Vladimir de Blinis, et qui s'est brusquement révélé à l'arrivée d'Hélène, la fille de Jeanne : Blinis, en dépit de tout, a conservé une sérénité naturelle qui lui vaut aussitôt l'intérêt affectueux de la jeune fille. Celle-ci n'a, au contraire, que mépris pour Vladimir, qui se soûle quotidiennement « chez Polyte », et est l'esclave de cette mère dévoyée, trois fois mariée et qu'elle connaît à peine. Par jalousie, Vladimir glisse un brillant de Jeanne dans les vêtements de Blinis et le fait ainsi renvoyer pour vol. Néanmoins, ce départ ne modifie pas l'attitude d'Hélène qui n'adressera la parole, plus tard, à Vladimir que pour lui demander, contre une forte somme, un service dont le caractère honteux est toujours à la mesure de son mépris : Hélène, qui attend un enfant de Blinis, voudrait avorter. Vladimir n'a pas caché à Jeanne la vérité sur l'affaire du vol. Mais, alors qu'elle y voit le signe de ce lâche désespoir qui la lie corps et âme à Vladimir, ce dernier est de plus en plus rongé par un remords qui, un jour, débouche sur la révolte. Cette femme laide, alcoolique et dénaturée, coupable en somme de tout le mal, il va l'étrangler puis, ainsi délivré, partir à la recherche de Blinis, qu'il finira par retrouver à Varsovie dans un asile de nuit. Blinis n'est plus qu'une épave : Vladimir arrive en sauveur, animé du rêve de revivre avec lui le temps heureux de leur jeunesse où ils s'aimaient comme des frères. Rêve insensé auquel il renonce pour renvoyer Blinis rejoindre Hélène, qui attend son enfant près de Melun, après lui avoir laissé presque tout l'argent qu'il possède. Quant à lui, il assumera la misère qui était celle de Blinis à Varsovie.