Tout Simenon

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Antoine et Julie

roman

Présentation

Antoine et Julie se sont mariés aux alentours de la quarantaine. Leurs premières années de mariage n'ont pas été sans nuages : la mère de Julie n'aimait guère son gendre dont elle méprisait la profession et qu'elle accusait d'avoir épousé Julie pour son argent. La belle-mère morte, les époux vivraient heureux, n'était le penchant d'Antoine pour la boisson. De temps à autre, en effet, sa représentation finie, le prestidigitateur s'attarde, seul, dans de petits cafés, entraîné par un invincible besoin. Il rencontre parfois Dagobert, un raté qui lui emprunte de l'argent. Les retours, tardifs, d'Antoine sont très pénibles à Julie : ivre, il se pose des questions, se prétend malheureux et accable son épouse d'injustes reproches, qu'il regrette le lendemain. Une nuit, en rentrant, Antoine trouve le médecin de famille au chevet de sa femme : sujette à des crises d'angine de poitrine, Julie devra désormais éviter toute émotion, et surtout elle doit toujours avoir avec elle certain médicament dont la privation pourrait lui être fatale en cas de crise. Néanmoins, le soir de Noël, Antoine abandonne son épouse au restaurant et va se saouler. Nouvelle alerte pour Julie. Un soir, Julie s'aperçoit qu'elle n'a plus de médicament, et elle charge son mari d'aller lui en chercher. Antoine se laisse aller à boire, néglige de rapporter le précieux remède, et, lorsqu'il rentre, Julie est morte. Dès cet instant, Antoine saura qu'il est devenu un homme – méprisé de ses voisins et fidèle au souvenir de la disparue – « qui ne boirait jamais plus et qui ne poserait pas de questions ».

Les premières lignes…

Le déclic, cette fois-ci, se produisit quand, sans raison particulière, sans y attacher autrement d'importance, il intercala le numéro de la montre magique entre les anneaux du fakir et le dé voyageur. Il ne l'avait pas inscrit au programme, mais il avait l'habitude, même pour une soirée peu importante comme celle-ci, de préparer quelques tours de supplément, de façon à pouvoir effectuer des changements selon les réactions du public.