Tout Maigret

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Maigret et les vieillards

roman avec Maigret

Présentation

Le comte Armand de Saint-Hilaire vit avec sa gouvernante, Jaquette Larrieu, dans sa paisible maison natale de la rue Saint-Dominique. Depuis cinquante ans, un amour platonique, presque mystique, le lie à Isabelle, fille du duc de S..., devenue par un mariage de raison princesse de V... Le mari octogénaire de celle-ci vient de mourir, de sorte qu'elle va pouvoir enfin épouser celui qui, cinquante ans plus tôt, a renoncé à elle faute d'argent, mais avec lequel elle a échangé quotidiennement, depuis sa jeunesse, une volumineuse correspondance. Or, trois jours après le décès du prince de V..., Jaquette Larrieu trouve Saint-Hilaire tué de plusieurs balles dans son bureau. Durant l'enquête, Maigret est en proie à un profond malaise :les vieillards aristocratiques dont il doit s'occuper semblent évoluer dans un monde particulier, à la fois irréel et intemporel, où le commissaire n'arrive pas à s'intégrer. En tout cas, ni le vol, ni la politique ne sont les mobiles du meurtre. A contrecœur, Maigret ne peut que porter ses soupçons sur Jaquette ; il est certain en effet que cette dernière a utilisé récemment une arme à feu. La vieille gouvernante n'aurait-elle pas été jalouse de voir s'introduire une autre femme entre son maître et elle ? Arrêtée, Jaquette s'enferme longtemps dans le mutisme le plus complet, puis demande à voir son confesseur. Son vœu est exaucé et le prêtre, autre octogénaire, lui conseille de dire toute la vérité. Depuis quelque temps, Saint-Hilaire se croyait atteint d'une maladie incurable, malgré l'avis contraire de son médecin : il n'a pas voulu qu'Isabelle, devenue sa femme, ne connaisse de lui « que les misères d'un corps usé » et malade. Il s'est donc suicidé afin de ne pas ternir un amour éthéré qu'aucune contingence n'avait troublé pendant cinquante ans. Jaquette, en découvrant le corps, a eu soudain peur que l'Eglise refuse à son maître une sépulture chrétienne ; elle a alors tiré sur le mort et simulé un meurtre.

Les premières lignes…

C'était un de ces mois de mai exceptionnels comme on n'en connaît que deux ou trois dans sa vie et qui ont la luminosité, le goût, l'odeur des souvenirs d'enfance. Maigret disait un mois de mai de cantique, car cela lui rappelait à la fois sa première communion et son premier printemps de Paris, quand tout était pour lui nouveau et merveilleux.