Biographie de Georges Simenon

1902

22 avril

Mariage, en l'église Saint-Denis à Liège, de Désiré Joseph Hubert Simenon, 24 ans, comptable, avec Henriette Marie Élise Brüll, 22 ans, sans profession [dans Pedigree, Désiré Mamelin et Élise Peters]. Neuf mois et vingt-deux jours plus tard...

1903

Vendredi 13 février, peu après minuit

Naissance, au 26 (auj. 24) de la rue Léopold à Liège, 2e étage, au-dessus de la chapellerie Cession-Denoël, de Georges Joseph Christian Simenon, premier fils des époux Simenon. Mais Henriette est superstitieuse et ce « vendredi 13 » lui semble de mauvais augure : aussi, à l'état civil de la Ville de Liège et sur déclaration du père, l'acte de naissance porte-t-il que Georges est né « à Liège, rue Léopold, 26, le 12 février 1903 à onze heures et demie du soir ».

15 février

Baptême, à l'église Saint-Denis, du petit Georges ; le parrain est son grand-père Chrétien Simenon, la marraine sa tante Maria Brüll.

Mi-juillet

Le jeune ménage Simenon quitte le logement de la rue Léopold pour celui du 10 de la rue de Gueldre toute proche.

1904

27 août

Mariage, à Liège, de Lucien Simenon, 24 ans, menuisier-ébéniste, oncle paternel de Georges, avec Catherine Nols, 28 ans, couturière [Catherine ou Fernande dans Je me souviens... et Pedigree].

1905

22 avril

Mort, à Liège (58 rue Puits-en-Sock) de Marie Catherine Simenon-Moors [Marie Mamelin-Demoulin dans Pedigree], 55 ans, grand-mère paternelle de Georges.

Fin avril

Déménagement de la rue de Gueldre et installation au 2e étage du 3 rue Pasteur (auj. 25 rue Georges Simenon), en Outremeuse.

1906

21 septembre

Naissance de Christian François Maurice Joseph Simenon, le frère de Georges.

Baptême le surlendemain, à l'église Saint-Nicolas (le parrain de Christian est son grand-père Simenon, sa marraine sa tante paternelle Françoise).

Jusqu'en 1908, Georges va fréquenter l'école gardienne (École des Soeurs de Saint-Vincent de Paul dans son souvenir, École Sainte-Julienne des Soeurs de Notre-Dame dans la réalité), où soeur Adonie va lui apprendre à lire et à écrire dès l'âge de trois ans.

1905

22 avril

Mort, à Liège (58 rue Puits-en-Sock) de Marie Catherine Simenon-Moors [Marie Mamelin-Demoulin dans Pedigree], 55 ans, grand-mère paternelle de Georges.

Fin avril

Déménagement de la rue de Gueldre et installation au 2e étage du 3 rue Pasteur (auj. 25 rue Georges Simenon), en Outremeuse.

1908

28 avril

Mariage, à Liège, d'Arthur Simenon, 26 ans, casquettier, le plus jeune oncle paternel de Georges, avec Juliette Rennotte, 25 ans, dégraisseuse.

4 août

Mariage, à Liège, de Céline Simenon, 22 ans, la plus jeune tante paternelle de Georges, avec Léon Chantraine [Robert Dortu dans Je me souviens..., Marcel Wasselin dans Pedigree], 24 ans, serrurier poêlier.

21 septembre

Georges entre à l'Institut Saint-André des Frères des écoles chrétiennes (au 40-44 rue de la Loi) ; il y fera, jusqu'au 30 juillet 1914, ses six années d'école primaire.

30 octobre

Mort, à Liège (sanatorium Sainte-Agathe), de Christine Marie Félicité Renard-Brüll [Félicie Coustou-Peters dans Pedigree], 34 ans, tante maternelle.

1909

1er décembre

Mort, à Liège (58 rue Puits-en-Sock), de Guillaume Moors, dit « Vieux Papa », 86 ans, père de la grand-mère paternelle de Georges.

1911

Février

Les quatre Simenon quittent leur 2e étage de la rue Pasteur pour la maison du 53 rue de la Loi, à cinquante mètres de là, juste en face de l'Institut Saint-André, Henriette y louera des chambres à des étudiants, russes ou polonais pour la plupart.

1912

1er octobre

Naissance de Thérèse Chantraine, le troisième enfant de la « tante Céline » (si cette cousine est mentionnée ici, c'est que Georges est son parrain et qu'à ce titre il en parle dans ses dictées).

1914

5 octobre

Entre, comme « externe à demi-tarif », en 6e latine au collège de jésuites Saint-Louis (66 quai de Longdoz), dans l'idée d'embrasser la carrière sacerdotale.

1915

Été

Au cours de vacances à Embourg, près de Liège, « incident de la brouette » et première expérience sexuelle avec « une grande fille de quinze ans », premier amour de Georges, douze ans et demi.

14 septembre

Sous le prétexte du « désir de devenir officier », change d'établissement et entre, toujours comme « externe à demi-tarif », au collège Saint-Servais (92 rue Saint-Gilles), où il passera trois années scolaires (5e moderne, 4e moderne A et 3e scientifique).

6 novembre

Mort, à Liège, de Marie Louise Françoise Coomans-Simenon [Françoise Daigne-Mamelin dans Pedigree], 45 ans, tante paternelle de Georges.

1916

7 janvier

Mort, à Liège (hôpital de Bavière), d'Antoine Hubert Christian Léopold Brüll [Léopold Peters dans Pedigree], 59 ans, oncle maternel de Georges.

1917

Fin janvier

Quittant la rue de la Loi et Outremeuse, les Simenon s'installent dans le quartier d'Amercoeur, au 3 (auj. 24) de la rue des Maraîchers, un ancien bureau de poste désaffecté.

7 décembre

Mort, à Liège (58 rue Puits-en-Sock), de Marie Anne Céline Chantraine-Simenon [Cécile Wasselin-Mamelin dans Pedigree], 31 ans, tante paternelle de Georges.

1918

3 mai

Mort, à Liège (quai de Coronmeuse), de Gilles Joseph Croissant [oncle Lunel dans Je me souviens..., oncle Jusseaume dans Pedigree], 77 ans, époux de la tante Maria Brüll.

20 juin

Quitte le collège Saint-Servais, sans avoir pu participer aux examens de fin d'année... Désiré, son père, est terrassé par une première crise d'angine de poitrine... Commence pour Georges, qui a quinze ans, la période de la bohème et des « petits boulots » : apprenti-pâtissier dans le quartier de Longdoz (ou rue Jean-d'Outremeuse ?), pendant une quinzaine de jours ; puis commis à la librairie L. George-Renkin, rue de la Cathédrale : quelques semaines plus tard, il est congédié, « parce qu'il en savait plus long sur la littérature française que son patron »

1919

Début janvier

Entre à la « Gazette de Liège », dirigée par Joseph Demarteau III. Il y fera d'abord « les chiens écrasés », excellentes premières armes pour un jeune journaliste... et un futur auteur de romans policiers. Le premier article signé G. Sim (il en écrira plus de 150) date du 24 janvier et a pour titre : « Sensassionnel [sic ]] défilé aux Terrasses ».

19 mars

Mort, à Liège, d'Eugénie Dubuisson, veuve de l'oncle Léopold Brüll.

Juin

Les Simenon déménagent à nouveau, pour retrouver Outremeuse, au 27 (auj. 29) de la rue de l'Enseignement.

30 novembre

La « Gazette de Liège » publie son tout premier billet d'humeur quotidien (« Hors du poulailler », signé Monsieur le Coq). Il en écrira près de huit cents (voir au 15 décembre 1922)

1920

14 mai

Naissance, à Ottawa (Canada), de Denyse Marie Pauline Françoise Ouimet, future deuxième épouse de Georges Simenon.

* 1920-1922 : c'est la période où le jeune Sim fréquente « la Caque », petit cénacle de rapins, poètes et autres jeunes artistes (Auguste Mambour, Joseph Jean Kleine, Léopold Bétet, Albert Nuez de Lille, Charles Bury, Joseph Bonvoisin, et aussi Joseph Coulon, Ernest Forgeur, Luc Lafnet, Jeph Lambert, H.-J. Moers, Robert Crommelynck, Edgar Scaufflaire et le futur éditeur Robert Denoël). Les réunions de ces « Compagnons de l'Apocalypse » se tenaient impasse de Houpe, au 13 de la rue des Écoliers, derrière l'église Saint-Pholien.

Septembre

Écrit son tout premier roman, Au Pont des Arches, « petit roman humoristique de mœurs liégeoises », illustré par quatre de ses compagnons de la Caque et tiré à 1 500 exemplaires (imprimerie Bénard, Liège, 1921).

18 novembre

Mort, à Liège, de Juliette Simenon-Rennotte, 37 ans, épouse de l'oncle Arthur.

31 décembre

C'est au cours du réveillon de cette Saint-Sylvestre, selon ses dires, que Georges aurait fait la connaissance de Régine Renchon, qu'il appellera « Tigy » (... or, dès la date du 5 octobre 1918, on trouve leurs deux noms l'un près de l'autre, avec ceux de Lafnet et Lambert, à la même page du registre de la salle de lecture de la bibliothèque des Chiroux)

1921

Avril

Écrit son second roman humoristico-philosophique : Jehan Pinaguet. Histoire d'un homme simple, qui restera inédit jusqu'en 1991.

24-25 novembre

Compose et tire lui-même, sur une des presses de la « Gazette », en une douzaine d'exemplaires tout au plus, une plaquette de 24 pages, les Ridicules. Portraits, qu'il dédie à sa fiancée (« À ma Régine pour ses étrennes »).

28 novembre

Mort, à Liège (18 rue Sohet, sur son lieu de travail), de Désiré Joseph Hubert Simenon, 44 ans, le père de Georges.

* De début décembre à début décembre 1922 : devançant l'appel de sa classe pour être plus vite libre de partir à la conquête de Paris, le cavalier Simenon Georges accomplit son année de service militaire ; d'abord un mois environ en Allemagne occupée (Rote Kaserne à Aix-la-Chapelle), et le reste au 2e régiment de lanciers (caserne des Lanciers, boulevard de la Constitution à Liège)... ce qui lui permet de poursuivre, bien que « sous les drapeaux », sa carrière de journaliste à la « Gazette ».

1922

2 mars

Suicide, par pendaison à la clenche du portail de l'église Saint-Pholien, du peintre Joseph Jean Kleine, 24 ans. Dans la « Gazette » du lendemain, l'article relatant ce fait divers (non signé, mais de G. Sim) a pour titre : « Un désespéré se pend à la porte d'une église ! Une victime des stupéfiants ».

Dans Un homme comme un autre, dicté cinquante ans plus tard, le mémorialiste situe par erreur le suicide du jeune Kleine le jour de Noël. Dans le roman le Pendu de Saint-Pholien, Émile Kleine se pend à la mi-février.

15 décembre

La « Gazette de Liège » publie le 784e et tout dernier billet quotidien (« Causons ») de Georges Sim ; le lendemain paraît son tout dernier article, une chronique théâtrale : « Au Forum, Berthe Bovy, les Liégeois et la Presse ».

Mi-décembre

Prend à la gare des Guillemins le train de nuit pour Paris ; au petit matin, débarque gare du Nord et gagne, sous la pluie, son premier logement parisien : une chambre sous les toits à l'hôtel Bertha, rue Darcet (17e arr.). Il est engagé comme garçon de courses à la Ligue des chefs de section et des anciens combattants, avenue Beaucour, présidée par le journaliste d'extrême droite et écrivain Binet-Valmer.

20 décembre

Henriette et son fils Christian emménagent au 18 de la rue Villette, dans le quartier de Longdoz (bien qu'il n'y ait jamais vécu, ce sera le dernier domicile officiel de Georges à Liège)

1923

Janvier

Trouve un logement éphémère chez « l'Anglaise au camembert », rue du Faubourg-Saint-Honoré (8e arr.).

Février

S'installe dans une pièce d'un atelier d'artiste, impasse Saint-Honoré (auj. Villa Wagram-Saint-Honoré, au 233bis de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, 8e arr.), presque en face de la salle Pleyel.

9 février

Henriette, réalisant son vieux rêve de posséder une petite maison, acquiert celle du 3 (auj. 5) rue de l'Enseignement à Liège, quartier d'Outremeuse ; elle ne la quittera qu'en 1968, pour la maison de repos des Ursulines de Fouron-le-Comte.

24 mars

Mariage à Liège (église Sainte-Véronique) de Georges Simenon et de Tigy.

* De mai 1923 au printemps de 1924, travaille comme secrétaire au service du marquis Raymond d'Estutt de Tracy. À ce titre, il résidera le plus souvent à l'un ou l'autre des domiciles de son patron : au château de Paray-le-Frésil (Allier) ; à l'hôtel de Tracy, rue Creuse à Nevers ; à l'hôtel particulier du 37 rue La Boétie à Paris ; au château de Tracy (Nièvre) ; ou encore à Aix-les-Bains (Savoie)...

* C'est aussi le début de l'époque des 150 nouvelles et contes divers (70 pour « le Matin » dont Colette est la directrice littéraire)... et des contes galants pour une douzaine de revues et journaux légers (surtout « Froufrou », mais aussi « l'Humour », « Paris-Flirt », « Paris-Plaisirs » et « Sans-Gêne » : en tout près de mille contes galants publiés de 1923 à 1932 !)